Antoine Serrurier, spécialisé dans le web

Spécialisé dans le web, Antoine Serrurier n’a cessé de se lancer de nouveaux défis depuis son départ de Sciencescom. Son prochain challenge ? Le trentenaire fait actuellement une pause pour le trouver…

"L’histoire aurait pu s’arrêter là… ", dit-il en évoquant une étape de son parcours. Mais non, avec Antoine Serrurier, les histoires ne peuvent pas « s’arrêter là ". Le trentenaire a la bougeotte, comme il l’avoue lui-même en sirotant son café au "Murat", Porte d’Auteuil. 

A quelques tables de là, l’animateur Cauet vient d’engloutir ce qui ressemble à du poisson et le journaliste Pierre Ménès reprendre au voiturier les clés de sa BMW 530D. Au Murat, il y a du cravaté et de la vedette. Antoine Serrurier, à l’exception d’une montre qui claque à son poignet gauche, fait dans le discret. Tee-shirt blanc, jean et pull rayé, l’ancien étudiant de Sciencescom ne paie pas de mine ; c’est sur le terrain professionnel qu’il s’affirme.

Avec le ton posé de ceux qui savent où ils vont, il revient sur sa jeune carrière en commençant par ses deux années passées dans l’école nantaise, "le véritable démarrage". "Je suis fils de publicitaire, c’est donc un milieu que je connais bien. Après quelques années d’études en Histoire, j’ai hésité entre communication et journalisme, mais cette dernière branche me semblait un peu bouchée." Ce sera finalement Sciencescom et sa filière "Com Mix". Il y décroche un bout de papier tamponné et une femme, Cécile, mère de son enfant. "Mon épouse, une dizaine d’amis proches, les deux témoins de mon mariage… Ce passage à Sciences Com a revêtu une grande importance pour moi. Quant à la formation en elle-même, je me suis rendu compte a posteriori qu’elle était très exigeante. J’ai même l’impression de n’avoir jamais bossé autant qu’à Sciences Com !"

L’univers du web s’ouvre à lui

Sail on line

En stage de fin d’études à Disney Channel, le jeune diplômé y est directement embauché en janvier 2000. Il s’occupe alors de conclure des partenariats média pour développer la notoriété de la chaîne, avec cette méthode très américaine qui consiste à faire de l’échange sans créer de flux financier. En ce début de siècle, Internet émerge, c’est l’époque glorieuse des start-up et, plutôt que Mickey, Antoine choisit "Sail on line", un site dédié à l’actualité nautique. "C’était une boîte dans laquelle Le Télégramme avait beaucoup injecté pour damer le pion à Ouest-France. Malheureusement, malgré tous nos moyens, il n’y avait pas un internaute en face ! Je suis parti…" De là, naît en tout cas son goût pour l’univers du web.

Carat

Il rallie l’agence Carat, leader dans le domaine de l’achat d’espaces, mais débutante à l’époque sur les questions du Net. "C’était en mars 2001, en plein pendant le krach de la bulle internet. Carat était la seule agence à continuer d’investir sur la Toile. Je m’y suis éclaté, j’ai développé un département de quinze personnes. Directeur e-business, je faisais dans le e-commerce. Ce département s’appelle maintenant Isobar."

Nextedia

Début 2005, avec un collègue d’Isobar et huit autres associés, Antoine Serrurier se lance dans l’aventure "Nextedia", le groupe qu’ils créent et qui compte notamment dans ses rangs "Imergence", l’agence de conseil média dont il prend la direction générale. "Nous avons eu jusqu’à 250 personnes en 2007 et nous sommes devenus l’équivalent d’Isobar qui était notre modèle. " Le jeune groupe attire la convoitise des ogres de la com et c’est finalement aux sirènes de Lagardère Active que succombent les dix associés en août 2007.

Next Data

L’histoire aurait pu s’arrêter là, Antoine Serrurier aurait pu partir avec un gros chèque, mais dès septembre il décide de se dédier à une nouvelle aventure : les "CRM", Customer Relationship Manager. "En gros, c’est la gestion de la relation client : qu’est-ce que je raconte à mes clients pour qu’ils consomment plus ?" "Next Data", agence de vingt personnes spécialisée dans ce domaine, voit alors le jour en juin 2008.

Trois ans plus tard, Next Data définitivement sur les rails, le Parisien a décidé de faire une pause. Il part prochainement s’installer à Rennes avec femme et enfant. "J’ai besoin de vacances, de reprendre pied après dix ans de grosses cadences… Je m’arrête donc quelques mois pour réfléchir à ce que je veux pour mes dix prochaines années. C’est d’ailleurs ce que je conseillerais aux étudiants actuellement à Sciencescom : qu’ils soient attentifs à leurs envies et qu’ils se projettent sur la manière de s’épanouir dans leur vie et leur carrière. Maintenant que j’ai attrapé le virus entrepreneurial et que j’ai découvert mon goût pour le business, j’aimerais renifler le prochain coup. " On lui fait confiance. 

 

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