Hélène Maillet prend ses marques

Pampers, Bonne-Maman, BN… Son "kiff", comme elle le dit, c’est la marque. La jeune diplômée travaille pourtant dans un domaine tout autre, celui de l’enseignement supérieur. Pour mieux s’aguerrir avant de franchir le pas dans quelques années…

Le rendez-vous est fixé au Publicis Drugstore, temple de la com’ situé sur la prestigieuse avenue des Champs-Elysées. Hélène Maillet débarque tout droit de Rueil-Malmaison où est basée "Noir sur blanc", l’agence spécialisée dans l’enseignement supérieur pour laquelle elle travaille depuis un an.

"Bonne Maman, c’est mon rêve !, confie-t-elle en replaçant ses lunettes sur sa chevelure brune. Je sais où je veux aller, mais il ne faut pas hésiter à prendre des chemins détournés pour y arriver." Ce "chemin détourné" s’est imposé à elle en mars 2009. À sa sortie de Sciencescom deux mois plus tôt, la toute fraîche diplômée effectue quelques missions à droite et à gauche, en free-lance, avant de répondre à une annonce de l’Apec pour un poste de planner stratégique. 

"Planner", l’objectif que s’est fixé Hélène Maillet durant ses études à Sciencescom. Elle décroche un entretien, prévient ses parents qu’elle y va "ne serait-ce que pour s’entraîner à l’exercice", subit les interrogations du recruteur le vendredi et débute… dès le mardi suivant ! "L’annonce était anonyme. J’ai découvert qu’il s’agissait d’une agence qui travaillait depuis vingt ans dans le domaine de l’enseignement supérieur, qu’on me demandait d’œuvrer dans la communication corporate et que le job était basé à Rueil-Malmaison ! Bref, rien de ce que j’imaginais… Mais le projet en lui-même et le challenge m’ont attirée.

Au début pourtant, Hélène Maillet passe par de nombreuses crises de larmes. Ils sont loin les cours de Sophie de La Giraudière que l’étudiante d’alors suivait béatement... "Je connaissais mon goût prononcé pour les marques et les slogans. Ça me fascinait depuis toujours, raconte celle qui a fait lire "99 francs", le roman de Frédéric Beigbeder sur les dérives de la pub, à son père lorsqu’elle est entrée à Sciencescom. Avec les interventions de Sophie, c’est devenu concret pour moi. Pourquoi choisit-on un BN plutôt qu’un Choco… Ça paraît bête, mais j’avais trouvé avec ces cours le domaine dans lequel je pouvais m’épanouir. Du coup, en arrivant à Noir sur blanc, je me suis demandée si je ne m’étais pas plantée de voie."

Rendez-vous à l’étage supérieur

Effrayée par la "pile monstrueuse" de dossiers amoncelés sur son bureau à son arrivée, la jeune femme s’accroche et relève ses manches. "Il y avait notamment une partie audit à traiter. Je n’étais pas compétente dans ce domaine et, pour être franche, je n’aimais pas ça…" Elle apprend tout de A à Z et finit par faire ses preuves à force de pugnacité et de nuits blanches. "Depuis quelques mois, je vois vraiment ma progression. Je suis devenue autonome, polyvalente et je dirais même que je prends beaucoup de plaisir car je sais que j’apporte désormais quelque chose à l’agence."

Pour se faire adopter par ses interlocuteurs (dir’ com’, chargés de recrutement et autres directeurs d’établissement), Hélène assimile le vocabulaire approprié ("dans l’enseignement, on ne parle pas "cible" mais "public") et porte des lunettes. "Pour paraître cinq ans de plus", comme elle le confesse en rigolant. Mais la jeune femme originaire de La Pommeraye, entre Nantes et Angers, ne perd pas pour autant de vue son objectif. "Je me donne encore quelques années dans l’enseignement, mais je souhaite plus tard me diriger vers les marques. Quand je fais mes courses au supermarché, je ne peux pas m’empêcher d’analyser les rayonnages. C’est une vraie déformation professionnelle !" On se donne alors rendez-vous dans quelques années au même endroit, mais à l’étage du dessus.

 

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