Jean-Louis Blot, Directeur général de BBC Worldwide France

Spécialiste du divertissement, Jean-Louis Blot développe depuis seize ans nombre d’émissions qui animent le quotidien des Français. Aujourd’hui directeur général de BBC Worldwide France, il n’a pas fini de "s’amuser".

Elles sont quatre à nous encadrer dans la salle d’attente, dont une avec trois "Robert". Un prénom à la mode sans doute à l’époque où ont été tournés ces films... Une fois dans le bureau de Jean-Louis Blot, on comprend le pourquoi de ces affiches hautes en couleurs avec cowboys, indiens et revolvers. 

Le directeur général de BBC Worldwide dégaine son "arme", il parle ainsi de son téléphone, et attaque sur son entrée dans le monde de l’audiovisuel. "A Sciences Po, j’avais rédigé un mémoire sur le western. Ensuite, à Sciencescom, à une époque où la com’ était quelque chose de très vague, je crois que j’étais tout simplement moins prêt pour le marketing que pour l’audiovisuel. Voilà, ça s’est fait un peu comme ça…" De l’école nantaise, le Tourangeau d’origine se remémore les cours au 13e étage de la Tour de Bretagne, "un étage qui n’existe pas d’habitude", et du matériel pointu mis à disposition des étudiants. Durant son année de 3e cycle à Sciencescom, il effectue deux stages, chez Gédéon et MNBDC, pendant lesquels "il n’a pas l’impression de travailler". "La télé, c’est facile. On s’amuse. Je suis tombé dans le divertissement dès le départ. Directement propulsé sur un prime-time pour France Télévision, avec Antoine de Caunes, Michèle Morgan, France Gall et plein d’autres…"

Un boulot en or

Le diplôme en poche, Jean-Louis Blot rallie Paris début 1994 pour se lancer dans le développement d’émissions de divertissement pour le compte de Grundy. "C’était un domaine très nouveau à ce moment-là. C’était la une des premières fois qu’en télé quelqu’un avec mon niveau d’études faisait du développement." Bac C, Licence d’histoire, IEP option Info Com, Sciences Com, le jeune homme dispose effectivement d’un sacré bagage. Pour commencer, on lui confie la réalisation d’un dossier pour TF1, l’émission est acceptée et, de fil en aiguille, Jean-Louis Blot est promu "responsable développement" jusqu’en 1999. Grundy a l’époque c’était : "Questions pour un Champion", "Que le meilleur gagne" mais aussi"Le juste prix" et "Une famille en or", c’ est lui. 

Son téléphone sonne. On se prend alors à parcourir des yeux son bureau. Au-dessus de son crâne dégarni, un cadre avec la reproduction d’un des slogans les plus placardés de Mai 68 : "Je participe, tu participes, il participe, nous participons, vous participez, ils profitent.". Sur les étagères, l’anthologie des Beatles, "Les Coulisses du rock", "101 disques qui ont changé le monde", un DVD de Jerry Springer, et puis derrière, un poste de télévision, allumé en permanence, qui rediffuse un match de foot de la veille. Au revoir, à bientôt, il reprend la discussion. "Tout était nouveau, beau, simple. Beaucoup ne comprenait pas ; j’étais payé pour regarder la télé afin de savoir ce qu’on allait vendre en France." 

Courbit, Arthur, Delarue, Dumas, Nagui…

Pour finir sur son parcours, Jean-Louis Blot a fait un tour chez Case Production, l’ancienne boîte de Stéphane Courbit et Arthur pour laquelle il développe notamment "Plein les yeux". Il devient ensuite directeur de divertissement chez Réservoir Prod, la société de Jean-Luc Delarue, puis directeur développement chez Mireille Dumas. Un détour par le Net, comme directeur des programmes chez aufeminin.com, le site leader sur le marché des femmes revendu à prix d’or à Axel Springer, puis il revient à la télé chez API production où il monte un programme de jeu d’aventure avec les Yamakasi. Nagui l’accueille ensuite chez Air Prod pour développer "Tout le monde veut prendre sa place" et "N’oubliez pas les paroles".

Toujours à Sciencescom…

Et puis, il y a un an et demi, cet appel de BBC Worldwide qui souhaite lui confier la création d’une filiale française. Il repart de zéro, monte son équipe, trouve des locaux, apprend la finance et le management d’une entreprise. Ses premiers résultats : "En immersion", la nouvelle émission d’Harry Roselmack, et "Le plus grand quizz de France". Avant de conclure, un conseil à prodiguer aux étudiants actuellement à Sciencescom ? "Les étudiants savent raisonner sur des études de cas, mais pas sur eux. Il faut qu’ils sachent se positionner. Un journaliste par exemple doit être quelqu’un de curieux à la base. Moi qui bosse dans le divertissement, je suis quelqu’un qui aime m’amuser. Je m’amuse tellement que, pendant très longtemps, j’ai eu l’impression d’être encore à Sciencescom."

 

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