Producteur délégué

Avant d’aborder les métiers de la production, il faut se défaire de l’image préconçue du producteur qui, vautré dans un fauteuil en cuir, crache la fumée de son barreau de chaise à la figure de l’auteur réalisateur. Il n’est pas ce monstre inflexible et calculateur que nous dépeignent Godard dans Le Mépris et les frères Cohen dans Barton Fink. S’il manipule l’argent, le producteur est avant tout un homme de passion et de terrain dont le “sacerdoce” consiste à fédérer des énergies et des talents. Véritable entrepreneur, le producteur est aussi un joueur qui aime parier et prendre des risques. Malheureusement, au jeu de la production, beaucoup se cassent les dents, et les gagne misère sont légion, surtout dans le cinéma...

Le producteur délégué est au monde audiovisuel ce que l’éditeur est au monde littéraire. Son travail ? Chercheur d’or. En deux mots, il doit repérer des talents et fédérer les moyens pour faire un film, une émission télévisée ou un documentaire. Le producteur est délégué par ses partenaires pour mener à bien un projet dont il a la responsabilité artistique, technique et financière. Lui- même est rarement investisseur. Son rôle est de rassembler les fonds. C’est la tâche du Directeur de Production de budgéter le film et de gérer l’enveloppe prévue.

Le producteur est un homme ou une femme d’intuition. On peut dire de lui qu’il est un «accoucheur de création». Il doit sentir le bon scénario entre mille, anticiper les goûts du public et connaître les grilles de programmation des chaînes. Quand il a obtenu les droits de l’œuvre d’un auteur ou d’un scénariste, le producteur délégué va confier à un producteur exécutif la fabrication du film et à un distributeur la vente de ce film aux chaînes de télévision, aux circuits de salles de cinéma et aux nouveaux modes numériques (DVD, VOD, etc).

"Produire un film, c’est d’abord planter un tas de petits graines"

Christophe Mazodier . Polaris

"Je suis un entrepreneur qui met sur le marché des films de cinéma, avec une obligation de réussite commerciale”, explique Christophe Mazodier, fondateur en 2005 de la société Polaris. Avant d’ajouter : “C’est un métier passionnant, artistique, mais pas seulement, technique, mais pas seulement, commercial, mais pas seulement...”.
Diplômé d’Audencia et de Sciencescom, Christophe a toujours voulu être producteur. “J’ai commencé ma carrière à Berlin comme assistant de Volker Schlöndorff et j’ai été très impliqué pendant 7 ans dans le montage financier d’importantes coproductions internationales.” Le long métrage à vocation internationale, telle est la spécificité aujourd’hui de celui qui vient de produire “2 days in Paris”, un film qui a remporté durant l’été 2007 un bon succès. “Produire un film, c’est d’abord planter un tas de petites graines, les cultiver et en récolter quelques unes, dans un délai qui court de 3 mois à 10 ans”. Pour Christophe, il n’y a pas de profil type pour être producteur. “Certains sont capables de développer de bons scénarii, d’autres de dénicher ou d’inventer les bons artistes, d’autres encore de trouver beaucoup de fonds...”

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