Sciencescom
 

Clemens Heilman – X act Werbung et Askania – Promotion 1996

En 1995, il fut le premier étudiant européen à intégrer Sciencescom. 15 mois plus tard, le jeune Allemand arrivé avec dans ses bagages juste quelques mots de français, devenait major de sa promotion, maniant la langue locale presque aussi bien que les concepts de communication. 12 ans ont passé. À 38 ans, Clemens Heilman, le Berlinois, est aujourd’hui co-dirigeant fondateur d’une agence de communication -X act Werbung -  et jeune co-dirigeant d’une marque mythique de l’industrie allemande -Askania-.



Berlin 2008

Berlin. Février 2008. La température est particulièrement froide en cette saison. Ici, le climat est continental. Mais la rencontre ne manque pas de chaleur. Clemens accueille le temps d’une visite les étudiants Bac + 5 de Sciencescom de passage dans la capitale allemande dans le cadre de leur séminaire européen. Visiblement, l’ex-sciencescomien est heureux de retrouver quelques cadres de l’école et de pouvoir partager avec les futurs communicants français. C’est que la situation n’est pas sans lui rappeler quelques souvenirs.


Berlin 1995 - Nantes 1996

Clemens est alors élève à l’université des Beaux-arts de Berlin. Filière communication de la société économique, comprenez la publicité. Sa Faculté reçoit dans le cadre d’un échange des étudiants en communication de la Ville de Nantes. Quelques semaines plus tard, et c’est au tour des jeunes Allemands de découvrir l’école nantaise. Pour Clemens, un vrai déclic : « J’ai été séduit par l’approche pratique et professionnelle de Sciencescom, notamment ce contact permanent avec les professionnels », raconte-t-il. Une approche totalement différente de l’enseignement théorique dispensé à l’université. Quelques rencontres avec le directeur de Sciencescom pour savoir si une poursuite d’étude sur place est envisageable, le concours dans la foulée et le voilà quelques mois plus tard nantais avec de vrais challenges à relever. « Changer d’air ne me faisait pas peur. À 16 ans, j’étais déjà parti un an étudier aux Etats-Unis. Mais, il me fallait dépasser notamment la barrière de la langue. » Un obstacle qui sera vite franchi grâce à la solidarité des étudiants et le niveau d’implication demandé. « J’ai été surpris de l’intensité des études et de l’investissement requis notamment dans le travail collectif. Au final, c’est ce qui m’a permis de réussir et de pouvoir au bout de quelques mois, participer à 100%. » De ces années « sciencescomiennes », Clemens outre les compétences professionnelles, a gardé de nombreux contacts amicaux et professionnels et un goût certain pour le travail en équipe.  Quelques anecdotes marquantes aussi, comme le tournage dans les studios de l’école d’une publicité pour une marque de lessive congolaise. Tournée avec le concours de ressortissants présents sur Nantes, la publicité sera par la suite diffusée sur les écrans du Congo.
 

Premier client, première agence – Berlin 1997

De retour en Allemagne après un stage de 5 mois à Paris, Clemens entend faire fructifier rapidement ses nouvelles connaissances et sa culture de la pub à la française. C’est qu’à Berlin, on l’attend avec impatience. Deux copains de sa promo des Beaux-arts avec lesquels il n’a pas perdu contact sont en train de monter une agence. Le premier client est déjà là avec son produit, du dentifrice, tout comme l’investisseur prêt à tenter l’aventure. L’agence se met en place, et  acquiert petit à petit une clientèle fidèle. B to B, B to C, création, achat média, relations presse, filière Internet, les activités se développent avec un souci constant, celui de la qualité et de l’innovation. Mais le contexte économique n’est pas favorable : 2001 est passé par là, Berlin n’est pas la capitale de la communication et la compétition avec les grosses boîtes est inégale. Si le business ne va pas si mal, les 3 amis souhaitent quand même aller plus loin et s’engagent alors dans une stratégie originale. « Comme ce n’était pas facile de trouver des nouveaux clients, on s’est dit qu’on allait générer les clients » explique Clemens. Comment ? En redonnant vie et créant de nouvelles marques, avec une prise en charge du projet en profondeur.


« The cockpit legend » is came back -  ASKANIA - 2006

Redonner la vie à une marque, l’opportunité ne va pas tarder à survenir, en 2003, grâce à une double rencontre. Un entrepreneur et son rêve, celui de faire revivre Askania, une ancienne marque de prestige allemande. « Askania, c’est une manufacture aéronautique créée en 1871, qui fit la fierté de l’Allemagne et de Berlin. Elle fabriquait notamment pour les avions des instruments de bord de très grande précision », explique Clemens. Après la seconde guerre, toute activité cessa, mais la notoriété de la marque perdura tout comme les vieux bâtiments berlinois, témoins d’une grandeur passée.  Le challenge plait à Clemens. Avec 7 nouveaux associés, 3 ans de travail pour développer le concept de la nouvelle entreprise, communiquer vers les investisseurs potentiels et attirer les financements. Et au final une idée et un produit : utiliser les dimensions imaginaires, historiques et mythiques associées à Askania pour lancer sur le marché le nouveau des montres de très haute qualité : des montres d’aviateur.


Direction Oxford - 2008

La production est effective depuis 2006. La communication d’ASKANIA est gérée par l’agence de Clemens qui au passage tire tous les enseignements de sa nouvelle double casquette. « J’ai développé un regard plus profond sur mon métier de « publicitaire », car j’ai vécu et je vis maintenant au quotidien la vie et les soucis de l’annonceur ».
Une maturité récompensée symboliquement début 2008 avec le gain d’un concours mettant en compétition toutes les agences de Berlin et de la région. « On attendait cela depuis 11 ans », s’amuse Clemens qui se rendra prochainement à Oxford pour la grande finale. Pas de quoi rendre fier l’homme, simple et déjà à réfléchir sur la « renaissance » annoncée d’une nouvelle marque allemande oubliée.